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Déclaration faite par les chefs des quatre Premières nations hôtes
Nous avons été témoins dernièrement d'un certain nombre de manifestations contre le relais de la flamme et les Jeux d'hiver de 2010 à Vancouver qui ont été organisées par un petit groupe de soi-disant manifestants contre le racisme. Ce groupe prétend agir dans l'intérêt des peuples autochtones de la Colombie-Britannique et représenter ceux dont les terres auraient apparemment été détruites pour servir aux Jeux d'hiver de 2010. Ces quelques personnes mécontentes font souvent allusion aux différends liés aux peuples autochtones résidant ailleurs dans la province et font tout en leur pouvoir pour miner la fierté des peuples autochtones et notre nouveau sentiment d'appartenance au succès.
Soyons bien clairs : ils n'agissent pas dans notre intérêt et aucunement dans l'intérêt des quatre Premières nations hôtes — Squamish, Lil'wat, Musqueam et Tsleil-Waututh. Ces nations sont les propriétaires traditionnelles des territoires où ont lieu les compétitions et elles travaillent fort pour que la participation des Autochtones devienne un trait dominant des Jeux olympiques.
Certains des actes commis lors des manifestations nous blessent profondément. Ils sont irrespectueux des peuples autochtones et de nos protocoles sacrés. Plus jamais nous ne permettrons à des étrangers de prendre la parole pour nous, particulièrement sur nos propres territoires.
Aujourd'hui, nous prenons la parole. Nous prenons nos propres décisions et nous agissons dans notre intérêt personnel. Nous ne sommes pas naïfs. Les peuples autochtones sont conscients de la divergence des opinions quant aux Jeux d'hiver de 2010 et à la flamme olympique. Tout individu peut se prévaloir du droit à la liberté d'expression et du droit à une manifestation pacifique. Nous respectons cela.
À notre avis, certains manifestants font tout simplement erreur, surtout lorsqu'ils s'immiscent sur nos territoires traditionnels armés de porte-voix et masqués de cagoules, prétendant nous représenter. Il est ironique de voir des peuples non autochtones crier sur nos territoires des slogans comme « Pas de Jeux olympiques sur les territoires autochtones volés », comme si le territoire où ils vivent et travaillent n'avait jamais été volé.
Il est possible que certaines personnes ne comprennent pas le haut niveau de respect que se témoignent mutuellement les peuples autochtones quant à leurs territoires. Jamais nous n'irions occuper le territoire d'un autre peuple pour manifester, et jamais nous n'oserions présumer qu'il soit acceptable de parler au nom des autres peuples autochtones. Cela rompt avec les traditions de la maison longue et toutes les règles du protocole et du respect. Cela ne se fait tout simplement pas. Nous n'irions jamais sur les territoires d'autres peuples autochtones critiquer les gens et leurs chefs.
Nous avons l'impression que certains manifestants n'ont pas fait leurs devoirs. Peut-être qu'ils ne se rendent pas compte de la valeur des Jeux d'hiver de 2010 et des avantages que ceux-ci offrent directement et indirectement aux peuples autochtones.
En effet, les quatre Premières nations hôtes créent un important précédent relatif aux droits de la personne en agissant comme partenaires à part entière dans la planification et la présentation des Jeux d'hiver de 2010 à Vancouver. Ce partenariat se fonde sur la reconnaissance de nos territoires traditionnels, notre droit à participer aux décisions ayant une incidence sur nos territoires traditionnels et notre droit à l'autodétermination. La participation de nos peuples se fonde sur l'affirmation des droits et des titres des Autochtones.
Nous avons également conclu ce partenariat dans l'optique de protéger nos territoires traditionnels et nos terres sacrées et d'éveiller la conscience du public à l'égard de nos territoires, nos terres, nos protocoles, nos langues, nos cultures et nos traditions. À notre avis, ces actions sont conformes à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et ce précédent sera non seulement avantageux pour les peuples autochtones de la Colombie-Britannique, mais aussi pour les peuples de partout dans le monde. Nous n'attendons plus l'aide des gouvernements. Désormais, nous prenons les choses en main, et à bien des égards, notre participation à ces Jeux donne vie à cette Déclaration.
Au-delà de ces enjeux, notre peuple et les peuples autochtones du Canada retirent de ces Jeux d'autres héritages tels que des emplois, des contrats, des fonds pour la jeunesse et plus encore.
Il n'est guère étonnant que nous rejetions les voix qui viennent de l'extérieur pour parler en notre nom. Les peuples autochtones n'ont pas besoin de se faire rappeler les réalités sociales dévastatrices dont nous sommes tous témoins dans leurs communautés.
Cependant, certains manifestants commettent une grave erreur. En manquant de respect à l'égard de notre culture et des décisions que nous avons prises lors de rassemblements dans nos longues maisons et en se donnant le droit d'envahir nos territoires traditionnels, ils recourent à la même politique d'appropriation qui nous a mis dans cette situation à l'origine.
Par ailleurs, ces manifestants ne tiennent pas compte des faits, et ce, délibérément. La majorité écrasante des peuples autochtones du Canada appuient les Jeux d'hiver de 2010 avec enthousiasme et avec un désir ardent d'y participer. Armés d'une nouvelle fierté, que l'on peut clairement interpréter comme une fenêtre ouverte sur le changement, ces peuples sont ravis d'avoir l'occasion de dévoiler leurs arts, leurs cultures et leur sens des affaires aux visiteurs du monde entier.
Nous nous sommes battus pour participer à ces Jeux. En tant que partenaires à part entière, nous nous sommes battus pour obtenir emplois et respect. Nous sommes fermement décidés à saisir toutes les chances qui s'offrent à nous d'améliorer notre sort et de créer un meilleur avenir pour nos enfants.
La réussite amène la réussite. En écrivant ces pages de l'histoire de nos peuples, nous deviendrons des modèles à suivre lors des Jeux à venir, avec ou sans manifestations.
Les quatre Premières nations hôtes (QPNH)
Les nations Lil'wat, Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh – sont les propriétaires des territoires traditionnels et partagés sur lesquels ont lieu les Jeux d'hiver de 2010, et ils ont saisi cette occasion d'affirmer leurs droits et leurs titres à l'égard des territoires. Il s'agit de la première fois dans l'histoire que des peuples autochtones sont nommés partenaires officiels des Jeux olympiques et paralympiques, et plus important encore, la première fois dans l'histoire que le CIO et le Comité d'organisation des Jeux reconnaissent et respectent les territoires traditionnels.
- 2010 -
Personne-ressource
Communications des quatre Premières nations hôtes
Courriel: FHFNCommunications@gmail.com
Téléphone: 604.403.1662


